{"id":9521,"date":"2024-06-10T10:31:00","date_gmt":"2024-06-10T08:31:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/?p=9521"},"modified":"2024-06-13T16:03:37","modified_gmt":"2024-06-13T14:03:37","slug":"vente-copie-logiciel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/vente-copie-logiciel\/","title":{"rendered":"La Cour de cassation consid\u00e8re que la vente d&rsquo;une copie de logiciel par t\u00e9l\u00e9chargement permanent est une vente"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p>D\u00e8s lors, la clause de r\u00e9serve de propri\u00e9t\u00e9 oppos\u00e9e par le fournisseur du logiciel est applicable.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le contexte&nbsp;<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Dans ces trois affaires, un fournisseur de logiciels se pr\u00e9valait d\u2019une&nbsp;<strong>clause de r\u00e9serve de propri\u00e9t\u00e9<\/strong>&nbsp;\u00e0 l\u2019encontre d\u2019un client plac\u00e9 en liquidation judiciaire n\u2019ayant pas r\u00e9gl\u00e9 ses factures, pour exiger paiement du prix des logiciels aupr\u00e8s des sous-acqu\u00e9reurs des logiciels.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019affacturage, \u00e0 qui ledit client avait c\u00e9d\u00e9 ses cr\u00e9ances, s\u2019\u00e9tait oppos\u00e9e aux revendications du fournisseur. A l\u2019appui, elle objectait que l\u2019octroi de licences sur des logiciels ne pouvait \u00eatre qualifi\u00e9 de vente, en l\u2019absence de transfert de propri\u00e9t\u00e9, mais constituerait un contrat de louage de chose.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Par cons\u00e9quent, la clause de r\u00e9serve de propri\u00e9t\u00e9 serait inapplicable.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La solution de la Cour de cassation<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>La Cour de cassation n\u2019a pas suivi cette analyse et a rejet\u00e9, dans des termes identiques, les trois pourvois de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019affacturage. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour aboutir \u00e0 cette d\u00e9cision, la Cour interpr\u00e8te la notion de \u00ab&nbsp;<strong>vente d\u2019un exemplaire logiciel&nbsp;<\/strong>\u00bb, mentionn\u00e9e par l\u2019article L122-6, 3\u00b0 du Code de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle, concernant l\u2019\u00e9puisement de droits de mise sur le march\u00e9 de l\u2019auteur d\u2019un logiciel.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette disposition relevant de la transposition de la directive 2009\/24\/CE concernant la protection juridique des programmes d\u2019ordinateur, la Cour renvoie \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation de cette directive par la jurisprudence de la CJUE ( Arr\u00eats CJUE du 3 juillet 2012, Usedsoft, C \u2013 128\/11 ; 12 octobre 2016, Ranks et al. c. \/ Microsoft corp. Et al., C- 166\/15 ; 16 septembre 2021, Software incubator, C \u2013 410\/19), celle-ci ayant \u00e9tabli que :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab la mise \u00e0 disposition d\u2019une copie d\u2019un logiciel informatique, au moyen d\u2019un t\u00e9l\u00e9chargement, et la conclusion d\u2019un contrat de licence d\u2019utilisation y aff\u00e9rent, visant \u00e0 rendre la copie utilisable par les clients, de mani\u00e8re permanente, et moyennant le paiement d\u2019un prix destin\u00e9 \u00e0 permettre au titulaire du droit d\u2019auteur d\u2019obtenir une r\u00e9mun\u00e9ration correspondant \u00e0 la valeur \u00e9conomique de la copie de l\u2019\u0153uvre dont il est propri\u00e9taire, impliquent le transfert du droit de propri\u00e9t\u00e9 de cette copie \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La Cour en conclut, dans des termes quasi-identiques aux jurisprudences europ\u00e9ennes cit\u00e9es, que&nbsp;<strong>la mise \u00e0 disposition d\u2019un logiciel par t\u00e9l\u00e9chargement et la conclusion d\u2019un contrat de licence d\u2019utilisation y aff\u00e9rente visant \u00e0 rendre la copie utilisable par le client de mani\u00e8re permanente moyennant le paiement d\u2019un prix implique le transfert du droit de propri\u00e9t\u00e9 de cette copie<\/strong>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ce transfert de propri\u00e9t\u00e9 qualifiant une vente, la clause de r\u00e9serve de propri\u00e9t\u00e9 du fournisseur est applicable.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Analyse<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Si cette solution semble clarifier la&nbsp;<strong>qualification de vente en mati\u00e8re de logiciels<\/strong>, sa port\u00e9e reste toutefois limit\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, les modalit\u00e9s de mise \u00e0 disposition des logiciels ont \u00e9volu\u00e9 : nombre d\u2019\u00e9diteurs privil\u00e9gient aujourd\u2019hui un acc\u00e8s en ligne via abonnement SaaS au t\u00e9l\u00e9chargement permanent par le client d\u2019une copie du logiciel.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Or&nbsp;<strong>la solution de la Cour ne semble pas extensible aux mod\u00e8les SaaS<\/strong>, pour lesquels la mise \u00e0 disposition n\u2019est ni permanente ni constitutive du transfert d\u2019une copie du logiciel au client en l\u2019absence de t\u00e9l\u00e9chargement.<\/p>\n\n\n\n<p>En tout \u00e9tat de cause, les \u00e9diteurs de logiciels ayant recours au mod\u00e8le de la vente d\u2019exemplaires de logiciels par t\u00e9l\u00e9chargement avec une licence perp\u00e9tuelle associ\u00e9e seront bien avis\u00e9s, au regard de cette jurisprudence, d\u2019int\u00e9grer (si ce n\u2019est d\u00e9j\u00e0 fait) une clause de r\u00e9serve de propri\u00e9t\u00e9 \u00e0 leur documentation contractuelle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-buttons is-layout-flex wp-block-buttons-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-button is-style-animated-link\"><a class=\"wp-block-button__link wp-element-button\" href=\"https:\/\/www.eurojuris.fr\/categories\/contrats-commerciaux-distribution-8100\/articles\/mise-a-disposition-permanente-par-telechargement-copie-logiciel-titre-onereux-constitue-vente-42500.htm\">voir l&rsquo;article sur eurojuris<\/a><\/div>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans trois arr\u00eats du 6 mars 2024 (n\u00b0 22-22.651 ; n\u00b0 22-18.818 ; n\u00b0 22-23.657), la chambre commerciale de la Cour de cassation a consid\u00e9r\u00e9 que la mise \u00e0 disposition permanente et \u00e0 titre on\u00e9reux d\u2019un logiciel par t\u00e9l\u00e9chargement et de sa licence d\u2019utilisation constituait une vente.<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":9730,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[18,15],"tags":[],"class_list":["post-9521","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-news-en","category-publications"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9521","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9521"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9521\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9730"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9521"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9521"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9521"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}