{"id":3132,"date":"2020-10-05T14:39:14","date_gmt":"2020-10-05T12:39:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/tenue-republicaine-travail\/"},"modified":"2020-10-05T14:39:14","modified_gmt":"2020-10-05T12:39:14","slug":"tenue-republicaine-travail","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/tenue-republicaine-travail\/","title":{"rendered":"Existe-t-il une \u00ab tenue r\u00e9publicaine \u00bb au travail ?"},"content":{"rendered":"<div class=\"section__body\">\n<div class=\"block-strong-text\">\n<p><p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\">Alors que les d&eacute;bats s&rsquo;enflamment autour de la tenue vestimentaire des &eacute;l&egrave;ves, qu&rsquo;en est-il pour les salari&eacute;s&nbsp;?<\/p>\n<\/p><\/div>\n<article class=\"article-normal\">\n<div class=\"article__entry\">\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\">Chaque travailleur est, en principe, libre de s&rsquo;habiller comme il le souhaite. Pour autant, la Cour de cassation refuse de lui donner le caract&egrave;re de libert&eacute; fondamentale (<em>Chambre sociale, 28 mai 2003, n&deg;02-40.273<\/em>).<\/p>\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\">Cette solution pr&eacute;sente deux cons&eacute;quences imm&eacute;diates&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align:justify\">La premi&egrave;re, un licenciement fond&eacute; sur le refus d&rsquo;une contrainte vestimentaire peut &ecirc;tre jug&eacute; sans cause r&eacute;elle et s&eacute;rieuse, mais pas nul (sauf s&rsquo;il se combine avec une discrimination ou une libert&eacute; fondamentale comme la libert&eacute; de religion). L&rsquo;indemnit&eacute; que peut esp&eacute;rer le salari&eacute; en r&eacute;paration sera donc encadr&eacute;e par les limites du bar&egrave;me de l&rsquo;article L1235-3 du Code du travail.<\/li>\n<li style=\"text-align:justify\">La seconde, elle signifie concr&egrave;tement que l&rsquo;employeur peut apporter des restrictions &agrave; la libert&eacute; vestimentaire du salari&eacute;,&nbsp;&agrave; condition toutefois qu&rsquo;elles soient justifi&eacute;es par la nature de la t&acirc;che &agrave; accomplir et proportionn&eacute;es au but recherch&eacute;.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\">La jurisprudence a ainsi admis quatre types de restrictions&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align:justify\">Pour des raisons li&eacute;es &agrave; <u>l&rsquo;hygi&egrave;ne et &agrave; la s&eacute;curit&eacute;<\/u>&nbsp;;<\/li>\n<li style=\"text-align:justify\">Par <u>d&eacute;cence<\/u>&nbsp;: a par exemple &eacute;t&eacute; jug&eacute; valable le licenciement d&rsquo;une salari&eacute;e refusant de porter un soutien-gorge sous son chemisier transparent (<em>Cass. Soc. 22 juillet 1986, n&deg;82-43.824<\/em>)&nbsp;;<\/li>\n<li style=\"text-align:justify\">Pour garantir une bonne <u>image de l&rsquo;entreprise<\/u>, mais uniquement pour les salari&eacute;s en contact avec la client&egrave;le&nbsp;: des salari&eacute;s ont ainsi pu &ecirc;tre licenci&eacute;s parce qu&rsquo;ils rev&ecirc;taient un bermuda (Cass. Soc. 12 novembre 2008, n&deg;07-42.220) ou un surv&ecirc;tement (<em>Cass. Soc. 6 novembre 2001, n&deg;99-43.988<\/em>)&nbsp;;<\/li>\n<li style=\"text-align:justify\">Pour permettre une <u>identification visuelle<\/u><strong> <\/strong>des salari&eacute;s, notamment avec le port d&rsquo;un uniforme (auquel cas l&rsquo;entreprise doit fournir cette tenue et en assurer l&rsquo;entretien).<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\">Pour autant, ces solutions d&eacute;pendent essentiellement du contexte et du poste occup&eacute; par le salari&eacute;.<\/p>\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\">Dans une d&eacute;cision-cadre n&deg;2019-205 du 2 octobre 2019, le D&eacute;fenseur des droits indiquait ainsi que l&rsquo;appr&eacute;ciation des tenues vestimentaires &eacute;tait notamment li&eacute;e aux ph&eacute;nom&egrave;nes de mode.<\/p>\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\">Si un vendeur de mat&eacute;riel informatique a ainsi pu valablement &ecirc;tre licenci&eacute; en 2000 car il portait un jean, un tee-shirt et des baskets (<em>Cour d&rsquo;appel de Reims, 12 janvier 2000, n&deg;96\/02399<\/em>), un employeur a &eacute;t&eacute; condamn&eacute; en 2008 pour avoir licenci&eacute; une ing&eacute;nieure qui se rendait chez ses clients en jean et bottes (<em>CA Paris, 9 octobre 2008, n&deg;06-13511<\/em>).<\/p>\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\">De m&ecirc;me, si dans les ann&eacute;es 1990, le port de la barbe pouvait parfois &ecirc;tre proscrit par les employeurs (<em>CA Versailles, 8 juillet 1994, n&deg;93-6638<\/em>), les salari&eacute;s ne peuvent aujourd&rsquo;hui plus &ecirc;tre sanctionn&eacute;s pour ne pas &ecirc;tre correctement ras&eacute;s (<em>CA Paris 24 janvier 2013, n&deg;11\/04162<\/em>), sauf &agrave; faire valoir une r&egrave;gle imp&eacute;rieuse de s&eacute;curit&eacute; (par exemple pour une soci&eacute;t&eacute; de d&eacute;mant&egrave;lement nucl&eacute;aire, <em>CA N&icirc;mes, 21 juin 2016, n&deg;14\/04558<\/em>).<\/p>\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\">S&rsquo;agissant du r&egrave;glement int&eacute;rieur de l&rsquo;entreprise, il peut certes contenir des limites &agrave; la libert&eacute; de se v&ecirc;tir, de se coiffer ou de porter une barbe, mais l&rsquo;employeur doit &ecirc;tre particuli&egrave;rement vigilant &agrave; sa r&eacute;daction, pour que ces restrictions ne soient pas injustifi&eacute;es et encore moins discriminatoires.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/article><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que les d&eacute;bats s&rsquo;enflamment autour de la tenue vestimentaire des &eacute;l&egrave;ves, qu&rsquo;en est-il pour les salari&eacute;s&nbsp;? Chaque travailleur est, en principe, libre de s&rsquo;habiller comme il le souhaite. Pour autant, la Cour de cassation refuse de lui donner le caract&egrave;re de libert&eacute; fondamentale (Chambre sociale, 28 mai 2003, n&deg;02-40.273). Cette solution pr&eacute;sente deux cons&eacute;quences [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":3133,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[15],"tags":[],"class_list":["post-3132","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-publications"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3132","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3132"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3132\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3133"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3132"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3132"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3132"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}