{"id":3072,"date":"2020-06-24T16:16:33","date_gmt":"2020-06-24T14:16:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/municipales-2020-faible-participation-annulation\/"},"modified":"2020-06-24T16:16:33","modified_gmt":"2020-06-24T14:16:33","slug":"municipales-2020-faible-participation-annulation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/municipales-2020-faible-participation-annulation\/","title":{"rendered":"Municipales 2020 : la faible participation n&rsquo;est pas un motif d&rsquo;annulation"},"content":{"rendered":"<div class=\"section__body\">\n<div class=\"block-strong-text\">\n<p><p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm\"><strong><span style=\"color:#212121\">La tenue du premier tour des &eacute;lections municipales, le 15 mars dernier, dans un contexte de pand&eacute;mie s&rsquo;est faite dans un climat de peur des &eacute;lecteurs ayant entra&icirc;n&eacute; une forte chute de la participation par rapport &agrave; celle de 2014. Cependant, le Tribunal Administratif de Rennes vient de confirmer que cette &laquo;&nbsp;seule<\/span><\/strong><span style=\"color:#212121\">&nbsp;&raquo;&nbsp;<strong>baisse du taux de participation ne permet pas de faire annuler un scrutin &eacute;lectoral (Ordonnance TA RENNES, 26 mai 2020, n&deg;28-04). Explications.<\/strong><\/span><\/p>\n<\/p><\/div>\n<article class=\"article-normal\">\n<div class=\"article__entry\">\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\">Par ordonnance de tri en date du 26 mai 2020, le Pr&eacute;sident du Tribunal Administratif de RENNES a rejet&eacute; la protestation &eacute;lectorale port&eacute;e par la t&ecirc;te de liste battue aux &eacute;lections municipales, et sans m&ecirc;me que ce dossier ne soit examin&eacute; sur le fond, ni audienc&eacute;, possibilit&eacute; offerte aux pr&eacute;sidents de juridictions par l&rsquo;article R222-1 7&deg; lorsque la requ&ecirc;te&laquo;&nbsp;<em>ne comportant que des moyens de l&eacute;galit&eacute; externe manifestement infond&eacute;s, des moyens irrecevables, des moyens inop&eacute;rants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir &agrave; leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des pr&eacute;cisions permettant d&#039;en appr&eacute;cier le bien-fond&eacute;&nbsp;&raquo;<\/em>.<\/p>\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\">Ainsi, en l&rsquo;esp&egrave;ce, pour le Pr&eacute;sident du Tribunal Administratif de RENNES, la &laquo;&nbsp;<em>baisse&nbsp;du taux de participation&nbsp;&raquo; ne permet pas, <strong><u>&agrave; elle seule<\/u><\/strong>, d&rsquo;&eacute;tablir l&rsquo;existence d&rsquo;une man&oelig;uvre de nature &agrave; alt&eacute;rer la sinc&eacute;rit&eacute; du scrutin&nbsp;<\/em>&raquo;&nbsp;:<\/p>\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\"><em>&laquo;&nbsp;3. Toutefois, la seule circonstance que cette baisse du taux de participation par rapport aux &eacute;lections municipales ant&eacute;rieures serait cons&eacute;cutive aux annonces du Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique et du Premier ministre sur l&rsquo;&eacute;pid&eacute;mie de Covid-19 ne permet pas, &agrave; elle seule, d&rsquo;&eacute;tablir l&rsquo;existence d&rsquo;une man&oelig;uvre de nature &agrave; alt&eacute;rer la sinc&eacute;rit&eacute; du scrutin, le protestataire ne soutenant pas, au demeurant, d&rsquo;une part, l&rsquo;existence de man&oelig;uvres de la part de ses adversaires, et, d&rsquo;autre part, une situation privil&eacute;giant ces derniers en r&eacute;sultant. Dans ces conditions, alors que l&rsquo;abstention li&eacute;e aux craintes entourant cette pand&eacute;mie a impact&eacute; de la m&ecirc;me mani&egrave;re toutes les listes en pr&eacute;sence, les faits all&eacute;gu&eacute;s de faible participation ne sont manifestement pas susceptibles de venir au soutien des griefs tir&eacute;s de ce qui serait une absence all&eacute;gu&eacute;e de sinc&eacute;rit&eacute; du scrutin ou m&ecirc;me de libert&eacute; de suffrage.&nbsp;&raquo;<\/em><\/p>\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\">Cette d&eacute;cision est conforme &agrave; la jurisprudence habituelle en la mati&egrave;re, d&egrave;s lors qu&rsquo;en application de l&rsquo;article L.262-2 du code &eacute;lectoral, &nbsp;seuls sont pris en compte les suffrages exprim&eacute;s, et qu&rsquo;ainsi les op&eacute;rations &eacute;lectorales ne peuvent encourir l&rsquo;annulation en raison du taux d&rsquo;abstention constat&eacute;.<\/p>\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\">Toutefois, le Pr&eacute;sident du Tribunal Administratif de RENNES laisse, &agrave; notre sens, entendre que son appr&eacute;ciation aurait pu &ecirc;tre diff&eacute;rente si le protestataire avait soutenu d&rsquo;une part &laquo;&nbsp;<em>l&rsquo;existence de man&oelig;uvres de la part de ses adversaires&nbsp;<\/em>&raquo; et d&rsquo;autre part &laquo;&nbsp;<em>une situation privil&eacute;giant ces derniers<\/em>&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\">Cette d&eacute;cision d&eacute;montre, une fois de plus, qu&rsquo;en mati&egrave;re de contentieux &eacute;lectoral, le juge administratif appr&eacute;cie in concreto les &eacute;l&eacute;ments port&eacute;s &agrave; sa connaissance et dispose d&rsquo;une marge d&rsquo;appr&eacute;ciation importante pour d&eacute;terminer si, sans le ou les faits incrimin&eacute;s, le r&eacute;sultat de l&rsquo;&eacute;lection aurait &eacute;t&eacute; similaire.<\/p>\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\">La finalit&eacute; de l&rsquo;office de juge de l&rsquo;&eacute;lection n&rsquo;est, effectivement pas de sanctionner toutes les irr&eacute;gularit&eacute;s &eacute;lectorales en annulant le scrutin &eacute;lectoral, mais seules celles ayant &eacute;t&eacute; de nature &agrave; porter atteinte de sinc&eacute;rit&eacute; du scrutin.<\/p>\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\">De tr&egrave;s nombreux contentieux &eacute;lectoraux, compte tenu de l&rsquo;allongement du d&eacute;lai de recours li&eacute; &agrave; la pand&eacute;mie, ont &eacute;t&eacute; initi&eacute;s sur le seul fondement du faible taux de participation&nbsp;: si tous n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; &eacute;cart&eacute;s par ordonnance, comme l&rsquo;a fait le Pr&eacute;sident du Tribunal Administratif de Rennes, leurs auteurs ont ainsi une bonne id&eacute;e de ce qui risque d&rsquo;arriver &agrave; ces actions.<\/p>\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\">En revanche, cela n&rsquo;ob&egrave;re pas forc&eacute;ment les contentieux qui ont non seulement reproch&eacute; un tr&egrave;s fort taux d&rsquo;abstention, mais &eacute;galement pour lesquels les requ&eacute;rants seraient en mesure de prouver des man&oelig;uvres de la part de leurs adversaires ou qui prouveraient que ce taux d&rsquo;abstention aurait particuli&egrave;rement touch&eacute; leur &eacute;lectorat.<\/p>\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\">En d&eacute;finitive, cette d&eacute;cision est particuli&egrave;rement int&eacute;ressante dans l&rsquo;attente de la d&eacute;cision du Conseil Constitutionnel sur la constitutionnalit&eacute; de l&rsquo;article 19 de la loi d&rsquo;urgence du 23 mars 2020, &laquo;&nbsp;ent&eacute;rinant&nbsp;&raquo; le premier tour des &eacute;lections municipales et repoussant le second au mois de juin (QPC n&deg;2020-849 QPC), dans la mesure o&ugrave; le principal moyen de la question transmise se fonde sur l&rsquo;atteinte port&eacute;e aux droits et libert&eacute;s garanties par la Constitution et notamment la sinc&eacute;rit&eacute; du scrutin dont le Conseil d&rsquo;Etat a consid&eacute;r&eacute; qu&rsquo;il constituait un caract&egrave;re s&eacute;rieux.<\/p>\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\">Le Conseil Constitutionnel ayant examin&eacute; cette question en audience publique en date du 15 juin 2020 vient de rendre sa d&eacute;cision rejetant cette QPC (d&eacute;cision 2020-849 QPC en date du 17 juin 2020), en rappelant d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;il revient aux juges de l&rsquo;&eacute;lection d&rsquo;appr&eacute;cier les op&eacute;rations &eacute;lectorales du premier tour&nbsp;:<\/p>\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\"><em>&laquo;&nbsp;3. Le dernier alin&eacute;a du paragraphe I de l&rsquo;article 19 de la loi du 23 mars 2020 se borne &agrave; pr&eacute;ciser que ni le report du second tour au plus tard en juin 2020 ni l&rsquo;&eacute;ventuelle organisation de deux nouveaux tours de scrutin apr&egrave;s cette date n&rsquo;ont de cons&eacute;quence sur les mandats r&eacute;guli&egrave;rement acquis d&egrave;s le premier tour organis&eacute; le 15 mars 2020. Ces dispositions n&rsquo;ont ainsi ni pour objet ni pour effet de valider r&eacute;troactivement les op&eacute;rations &eacute;lectorales du premier tour ayant donn&eacute; lieu &agrave; l&rsquo;attribution de si&egrave;ges. D&egrave;s lors, elles ne font pas obstacle &agrave; ce que ces op&eacute;rations soient contest&eacute;es devant le juge de l&rsquo;&eacute;lection&nbsp;&raquo;<\/em><\/p>\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\">L&rsquo;approche pragmatique dont fait preuve le Tribunal Administratif de RENNES face &agrave; cette question in&eacute;dite para&icirc;t ainsi confort&eacute;e par cette d&eacute;cision qui vient d&rsquo;&ecirc;tre rendue par le Conseil Constitutionnel.<\/p>\n<p style=\"margin-left:0cm;margin-right:0cm;text-align:justify\"><strong>Par Christian Naux et Rapha&euml;lle Vautier<\/strong><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/article><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La tenue du premier tour des &eacute;lections municipales, le 15 mars dernier, dans un contexte de pand&eacute;mie s&rsquo;est faite dans un climat de peur des &eacute;lecteurs ayant entra&icirc;n&eacute; une forte chute de la participation par rapport &agrave; celle de 2014. 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