{"id":21362,"date":"2025-11-19T09:00:00","date_gmt":"2025-11-19T08:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/?p=21362"},"modified":"2025-11-12T16:44:41","modified_gmt":"2025-11-12T15:44:41","slug":"concession-le-regime-des-biens-de-retour-etendu-a-certains-tiers-au-contrat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/concession-le-regime-des-biens-de-retour-etendu-a-certains-tiers-au-contrat\/","title":{"rendered":"Concession : le r\u00e9gime des biens de retour \u00e9tendu \u00e0 certains tiers au contrat"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>1. R\u00e9gime g\u00e9n\u00e9ral des biens de retour&nbsp;<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Codifiant la jurisprudence, en particulier la d\u00e9cision Commune de Douai (<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/ceta\/id\/CETATEXT000026810748?init=true&amp;page=1&amp;query=342788&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">CE, ass. 21 d\u00e9cembre 2012, req. n\u00b0342788<\/a>), l\u2019article L. 3132-4 du Code de la commande publique a repris et d\u00e9fini les diff\u00e9rentes cat\u00e9gories de biens dans le domaine des concessions de travaux ou de service public :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Les biens, meubles ou immeubles, qui r\u00e9sultent d&rsquo;investissements du concessionnaire et qui sont n\u00e9cessaires au fonctionnement du service public sont les\u00a0<strong>biens de retour<\/strong>. Ils sont et demeurent en principe la propri\u00e9t\u00e9 de la personne publique d\u00e8s leur r\u00e9alisation ou leur acquisition ;<\/li>\n\n\n\n<li>Les biens, meubles ou immeubles, qui ne sont pas remis au concessionnaire par l&rsquo;autorit\u00e9 conc\u00e9dante de droit public et qui ne sont pas indispensables au fonctionnement du service public sont les\u00a0<strong>biens de reprise<\/strong>. Ils sont la propri\u00e9t\u00e9 du concessionnaire, sauf stipulation contraire pr\u00e9vue par le contrat de concession ;<\/li>\n\n\n\n<li>Les biens qui ne sont ni des biens de retour, ni des biens de reprise, sont des\u00a0<strong>biens propres<\/strong>. Ils sont et demeurent la propri\u00e9t\u00e9 du concessionnaire.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Ainsi, puisque n\u00e9cessaires au service public, les biens de retour sont consid\u00e9r\u00e9s comme&nbsp;<strong>appartenant d\u00e8s l\u2019origine \u00e0 la personne publique m\u00eame s\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 financ\u00e9s et r\u00e9alis\u00e9s par le d\u00e9l\u00e9gataire<\/strong>. La personne publique acquiert n\u00e9cessairement la possession de ces biens \u00e0 l\u2019expiration de la convention.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La qualification des biens de retour n\u2019est pas d\u00e9termin\u00e9e par la volont\u00e9 des parties. Leur qualification est objective et le juge administratif n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 requalifier un bien de bien de retour nonobstant la volont\u00e9 des parties ou les pr\u00e9visions contractuelles (<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/ceta\/id\/CETATEXT000028569952?init=true&amp;page=1&amp;query=371121&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">CE, 5 f\u00e9vrier 2014, St\u00e9 Equalia, req. n\u00b0371121<\/a>).<\/p>\n\n\n\n<p>Au terme de la concession, les biens de retour qui ont \u00e9t\u00e9 amortis au cours de l&rsquo;ex\u00e9cution du contrat de concession font retour gratuitement \u00e0 la personne publique, sous r\u00e9serve des stipulations du contrat permettant \u00e0 celle-ci de faire reprendre par le concessionnaire les biens qui ne seraient plus n\u00e9cessaires au fonctionnement du service public (art. L. 3132-5). &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 d\u00e9faut d\u2019amortissement complet du bien (soit que la convention a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e, soit que sa dur\u00e9e est inf\u00e9rieure \u00e0 la dur\u00e9e d\u2019amortissement des biens), il est fr\u00e9quent, pour ne pas dire syst\u00e9matique, que la personne publique verse une indemnisation correspondant \u00e0 la valeur nette comptable du bien consid\u00e9r\u00e9 et dont les r\u00e8gles de fixation r\u00e9sultent de la d\u00e9cision Commune de Douai pr\u00e9cit\u00e9e :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Lorsque l&rsquo;amortissement de ces biens a \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9 sur la base d&rsquo;une dur\u00e9e d&rsquo;utilisation inf\u00e9rieure \u00e0 la dur\u00e9e du contrat, cette indemnit\u00e9 est \u00e9gale \u00e0 leur\u00a0<strong>valeur nette comptable<\/strong>\u00a0inscrite au bilan,<\/li>\n\n\n\n<li>Dans le cas o\u00f9 leur dur\u00e9e d&rsquo;utilisation \u00e9tait sup\u00e9rieure \u00e0 la dur\u00e9e du contrat, l&rsquo;indemnit\u00e9 est \u00e9gale \u00e0 la valeur nette comptable qui r\u00e9sulterait de l&rsquo;amortissement de ces biens sur la dur\u00e9e du contrat.\u00a0<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Le Conseil d\u2019\u00c9tat a \u00e9galement pr\u00e9cis\u00e9 que si, en pr\u00e9sence d&rsquo;une convention conclue entre une personne publique et une personne priv\u00e9e, les parties peuvent d\u00e9roger \u00e0 ces principes, l&rsquo;indemnit\u00e9 mise \u00e0 la charge de la personne publique au titre de ces biens ne saurait en toute hypoth\u00e8se exc\u00e9der le montant calcul\u00e9 selon les modalit\u00e9s pr\u00e9cis\u00e9es ci-dessus.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9cision comment\u00e9e est l\u2019occasion pour le Conseil d\u2019\u00c9tat de pr\u00e9ciser le r\u00e9gime des biens de retour dans le domaine des casinos.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>2. Biens de retour et casinos<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Au cas d\u2019esp\u00e8ce, \u00e9tait en cause le casino de Berck-sur-Mer, exploit\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 Jean Metz dans le cadre d\u2019un contrat de concession conclu avec la commune. Le b\u00e2timent abritant le casino a \u00e9t\u00e9 acquis par le groupe Partouche en 1997 et a fait l\u2019objet d\u2019un bail commercial consenti \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 Jean Metz dont le groupe Partouche d\u00e9tient 100 % des parts.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est \u00e0 l\u2019occasion du renouvellement du contrat de concessionnaire par la commune qu\u2019un contentieux s\u2019est fait jour sur la&nbsp;<strong>qualification du casino<\/strong>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La question pos\u00e9e au Conseil d\u2019\u00c9tat \u00e9tait notamment de savoir si un bien appartenant \u00e0 un tiers et qui est n\u00e9cessaire au service public peut \u00eatre qualifi\u00e9 de bien de retour.<\/p>\n\n\n\n<p>Il importe tout d\u2019abord de rappeler que si les jeux de casino ne constituent pas, par eux-m\u00eames, une activit\u00e9 de service public, les contrats conclus pour leur installation et leur exploitation a pour objet, compte tenu des obligations impos\u00e9es au cocontractant quant \u00e0, notamment, la prise en charge du financement d&rsquo;infrastructures et de missions d&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement \u00e9conomique, culturel et touristique et des conditions de sa r\u00e9mun\u00e9ration, &nbsp;le caract\u00e8re d&rsquo;une d\u00e9l\u00e9gation de service public ou d&rsquo;une concession de travaux public (CE, 25 mars 1966, Ville de Royan :&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/ceta\/id\/CETATEXT000008242341?init=true&amp;page=1&amp;query=264098&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">CE, 10 mars 2006, Commune d\u2019Houlgate et autres, req. n\u00b0264098<\/a>,&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/ceta\/id\/CETATEXT000025562626?init=true&amp;page=1&amp;query=341562&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">CE, 19 mars 2012 ; SA Groupe Partouche req. n\u00b0341562<\/a>&nbsp;:&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/ceta\/id\/CETATEXT000041478786?init=true&amp;page=1&amp;query=426421&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">CE, 23 janvier 2020, Soci\u00e9t\u00e9 touristique de La Trinit\u00e9, req. n\u00b0426421<\/a>).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la mesure o\u00f9 l\u2019immeuble abritant le casino est, de fait,&nbsp;<strong>n\u00e9cessaire au service public<\/strong>, il doit \u00eatre qualifi\u00e9 de bien de retour lorsqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 par le d\u00e9l\u00e9gataire en application du contrat de concession ou lorsqu\u2019il appartenait ant\u00e9rieurement \u00e0 ce dernier.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, rappelons que par une d\u00e9cision du 29 juin 2018, le Conseil d\u2019\u00c9tat a consid\u00e9r\u00e9 que le r\u00e9gime des biens de retour trouve \u00e0 s\u2019appliquer lorsque le cocontractant de l\u2019administration \u00e9tait, ant\u00e9rieurement \u00e0 la passation de la concession de service public, propri\u00e9taire de biens qu\u2019il a, en acceptant de conclure la convention, affect\u00e9s au fonctionnement du service public et qui sont n\u00e9cessaires \u00e0 celui-ci. Une telle mise \u00e0 disposition emporte ainsi le transfert des biens dans le patrimoine de la personne publique<br>(<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/ceta\/id\/CETATEXT000037134633?init=true&amp;page=1&amp;query=402251&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">CE, sect., 29 juin 2018, \u00ab Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur c\/ Communaut\u00e9 de communes de la Vall\u00e9e de l\u2019Ubaye \u00bb, n\u00b0 402251<\/a>).<\/p>\n\n\n\n<p>La Cour Europ\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme a consid\u00e9r\u00e9 que cette solution ne m\u00e9connaissait pas le droit de propri\u00e9t\u00e9 d\u00e8s lors que la charge sp\u00e9ciale et exorbitante r\u00e9sultant de l\u2019absence de paiement d\u2019une somme correspondant \u00e0 la valeur v\u00e9nale des biens transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 d\u00e9l\u00e9gante \u00e9tait justifi\u00e9 et proportionn\u00e9e au but l\u00e9gitime poursuivi, tenant \u00e0 la continuit\u00e9 d\u2019un service public (CEDH, 5 octobre 2023, SARL COUTTOLENC FR\u00c8RES c. FRANCE, n\u00b0 24300\/20).<\/p>\n\n\n\n<p>Mais&nbsp;<strong>quand est-il lorsque l\u2019immeuble appartient, comme en l\u2019esp\u00e8ce, \u00e0 un tiers ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>3. L\u2019extension du r\u00e9gime des biens de retour aux biens des tiers&nbsp;<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Dans ses conclusions sur la d\u00e9cision \u00ab Communaut\u00e9 de communes de la Vall\u00e9e de l\u2019Ubaye \u00bb pr\u00e9cit\u00e9e, le rapporteur public Olivier Henrard avait indiqu\u00e9 que la qualification de biens de retour \u00e9tait exclue lorsque le concessionnaire n\u2019\u00e9tait pas propri\u00e9taire du bien :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Le cas des activit\u00e9s culturelles ou r\u00e9cr\u00e9atives \u2013 cin\u00e9mas, th\u00e9\u00e2tres, salles de concert, casinos \u2013 peut aussi \u00eatre identifi\u00e9 d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent. A l\u2019origine de telles entreprises on trouve souvent une initiative purement priv\u00e9e avant qu\u2019une collectivit\u00e9 publique, dans un second temps, prenne le relais afin de sauvegarder l\u2019existence d\u2019une offre de service d\u00e9sormais jug\u00e9e d\u2019int\u00e9r\u00eat public. Lorsque les exploitants de telles activit\u00e9s ne sont pas propri\u00e9taires, mais simplement locataires, des b\u00e2timents qui les abritent,&nbsp;<strong>ces \u00e9difices ne seront \u00e9videmment pas des biens de retour puisqu\u2019ils appartiennent \u00e0 des tiers au contrat<\/strong>. Si la collectivit\u00e9 publique souhaite disposer de leur propri\u00e9t\u00e9, elle devra les racheter amiablement ou par la voie de l\u2019expropriation. Ces biens n\u2019auront alors pas \u00e0 \u00eatre pris en compte dans l\u2019\u00e9quilibre de la concession. &nbsp;En revanche, ils devront l\u2019\u00eatre dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 l\u2019exploitant est propri\u00e9taire des murs de son th\u00e9\u00e2tre ou de son casino. La question de la valorisation d\u2019un tel bien immobilier au moment de la n\u00e9gociation du contrat se pr\u00e9sentera dans des termes tr\u00e8s diff\u00e9rents selon qu\u2019il s\u2019agit ou non d\u2019un b\u00e2timent prot\u00e9g\u00e9 et selon la situation du march\u00e9 dans la commune. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les choses semblaient donc assez claires et deux Cours administratives d\u2019appels avaient retenu ce principe au sujet respectivement d\u2019un cr\u00e9matorium (CAA Bordeaux, 28 f\u00e9vrier 2023, req. n\u00b021BX01167) et des remont\u00e9es m\u00e9caniques (CAA Marseille 16 d\u00e9cembre 2019, req. n\u00b018MA03183 : \u00ab Le r\u00e9gime des contrats de concession de service public exclut en revanche de la cat\u00e9gorie des biens de retour, dans le silence des clauses contractuelles, ceux appartenant \u00e0 des tiers alors m\u00eame qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 la disposition du concessionnaire, sous quelque forme que ce soit, pour \u00eatre affect\u00e9s \u00e0 l&rsquo;exploitation du service, fussent-ils n\u00e9cessaires \u00e0 son fonctionnement \u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p>Par la d\u00e9cision comment\u00e9e, le Conseil d\u2019\u00c9tat reprend ce principe en indiquant \u00a0express\u00e9ment &#8211; ainsi que le lui sugg\u00e9rait le rapporteur public &#8211; que l\u2019effet translatif de propri\u00e9t\u00e9 \u00e0 la personne publique ne trouve pas \u00e0 s\u2019appliquer aux biens qui sont la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019un tiers au contrat de concession.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Conseil d\u2019\u00c9tat apporte n\u00e9anmoins aussit\u00f4t une exception qui constitue l\u2019int\u00e9r\u00eat de la d\u00e9cision\u00a0<strong>lorsque le propri\u00e9taire du bien n\u2019est pas un \u00ab v\u00e9ritable \u00bb tiers<\/strong>.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, la Haute juridiction indique qu\u2019il en va diff\u00e9remment dans le cas o\u00f9 :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>D\u2019une part, il existe des liens \u00e9troits entre les actionnaires ou les dirigeants du propri\u00e9taire du bien et du concessionnaire, lesquels permettent de regarder l&rsquo;un comme exer\u00e7ant une influence d\u00e9cisive \u00e0 la fois sur les objectifs strat\u00e9giques et sur les d\u00e9cisions importantes de l&rsquo;autre ou de regarder l&rsquo;un et l&rsquo;autre comme \u00e9tant plac\u00e9 sous le contr\u00f4le d&rsquo;une m\u00eame entreprise tierce,\u00a0<\/li>\n\n\n\n<li>D&rsquo;autre part, le bien, exclusivement destin\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution du contrat de concession, a \u00e9t\u00e9 mis par son propri\u00e9taire \u00e0 la disposition du concessionnaire pour cette ex\u00e9cution.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Ainsi, en l\u2019absence de r\u00e9elle autonomie entre le propri\u00e9taire du bien et le concessionnaire du fait des liens qui les unies, le propri\u00e9taire du bien doit \u00eatre regard\u00e9 comme ayant consenti \u00e0 ce que l\u2019affectation du bien au fonctionnement du service public emporte son transfert dans le patrimoine de l\u2019autorit\u00e9 d\u00e9l\u00e9gante, sous r\u00e9serve n\u00e9anmoins que le bien a \u00e9t\u00e9 mis par son propri\u00e9taire \u00e0 la disposition du concessionnaire pour l\u2019ex\u00e9cution du service public.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette absence d\u2019autonomie est caract\u00e9ris\u00e9e soit pas l\u2019influence d\u00e9cisive exerc\u00e9e par l\u2019un sur l\u2019autre, soit par le fait que le propri\u00e9taire du bien et le concessionnaire sont sous le contr\u00f4le d\u2019une m\u00eame entreprise.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La notion d\u2019influence d\u00e9cisive n\u2019est pas sans rappeler les conditions de mise en \u0153uvre de l\u2019exception de quasi-r\u00e9gie pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article L. 2511-1 du Code de la commande publique aux termes duquel \u00ab un pouvoir adjudicateur est r\u00e9put\u00e9 exercer sur une personne morale un contr\u00f4le analogue \u00e0 celui qu&rsquo;il exerce sur ses propres services, s&rsquo;il exerce une influence d\u00e9cisive \u00e0 la fois sur les objectifs strat\u00e9giques et sur les d\u00e9cisions importantes de la personne morale contr\u00f4l\u00e9e \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Si, en l\u2019occurrence, l\u2019influence d\u00e9cisive \u00e9tait \u00e9vidente puisque la soci\u00e9t\u00e9 concessionnaire \u00e9tait d\u00e9tenue \u00e0 100% par la soci\u00e9t\u00e9 propri\u00e9taire du casino, cette notion m\u00e9ritera probablement d\u2019\u00eatre pr\u00e9cis\u00e9e, de m\u00eame que la situation de contr\u00f4le du propri\u00e9taire et du concessionnaire par une entreprise tierce, notamment en ce qui concerne le seuil de d\u00e9tention de capital au-del\u00e0 duquel ce contr\u00f4le peut \u00eatre caract\u00e9ris\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Au final, la solution retenue par le Conseil d\u2019\u00c9tat pr\u00e9serve le principe de l\u2019effet relatif des contrats et le droit de propri\u00e9t\u00e9, tout en faisant \u00e9chec \u00e0 des montages permettant de contourner le retour \u00e0 la personne publique des biens n\u00e9cessaires au fonctionnement du service public et dont il est clair qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 affect\u00e9s audit service par le groupe auquel le concessionnaire appartient.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Elle permet \u00e9galement d\u2019assurer une mise en concurrence effective en \u00e9vitant que le sortant soit plac\u00e9 dans une situation plus avantageuse, puisque seul \u00e0 pouvoir disposer des biens n\u00e9cessaires au service public.<\/p>\n\n\n\n<p>A cet \u00e9gard, il est \u00e9galement int\u00e9ressant de relever que, au-del\u00e0 de la qualification de biens de retour, le Conseil d\u2019\u00c9tat valide le raisonnement du juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s qui avait estim\u00e9 que l\u2019obligation faite aux candidats \u00a0de fournir dans leur offre le titre de propri\u00e9t\u00e9 du b\u00e2timent ou un contrat d\u2019occupation d\u2019un b\u00e2timent susceptible d\u2019accueillir le casino m\u00e9connaissait le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les candidats, puisque c\u2019\u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9, comme l\u2019a relev\u00e9 le rapport public, \u00a0\u00ab mission impossible \u00bb pour les candidats autres que le sortant.<\/p>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Conseil d\u2019\u00c9tat a \u00e9tendu la notion de bien de retour \u00e0 des biens appartenant \u00e0 des tiers au contrat \u00e9troitement li\u00e9s au concessionnaire, et ainsi fait \u00e9chec \u00e0 certains montages permettant de contourner le r\u00e9gime d\u2019ordre public des biens n\u00e9cessaires au service public.<\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":21363,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":true,"footnotes":""},"categories":[18,15],"tags":[],"class_list":["post-21362","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-news-en","category-publications"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21362","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=21362"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21362\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/21363"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21362"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=21362"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=21362"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}