{"id":11441,"date":"2024-11-04T09:15:40","date_gmt":"2024-11-04T08:15:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/?p=11441"},"modified":"2024-11-07T12:09:38","modified_gmt":"2024-11-07T11:09:38","slug":"sncf-responsabilite-contractuelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/sncf-responsabilite-contractuelle\/","title":{"rendered":"SNCF &#8211; Responsabilit\u00e9 contractuelle et v\u00e9tust\u00e9 des infrastructures"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>D\u00e9raillement de train : les cons\u00e9quences en termes de responsabilit\u00e9 ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 Sanders Bretagne a choisi Euro Cargo Rail (devenue DB Cargo France) pour transporter ses marchandises sur la ligne Auray-Pontivy, exploit\u00e9e par SNCF R\u00e9seau.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, le 27 mai 2016, un incident majeur survient : un train charg\u00e9 de produits Sanders d\u00e9raille, endommageant les voies. Face aux cons\u00e9quences de cet accident, Sanders engage une action en justice et poursuit SNCF R\u00e9seau et DB Cargo France, afin d\u2019obtenir r\u00e9paration pour les pr\u00e9judices subis.<\/p>\n\n\n\n<p>SNCF R\u00e9seau a, \u00e0 son tour, demand\u00e9 r\u00e9paration \u00e0 DB Cargo France, all\u00e9guant un manquement de cette derni\u00e8re \u00e0 ses obligations contractuelles.<\/p>\n\n\n\n<p>La juridiction de premi\u00e8re instance avait jug\u00e9 SNCF R\u00e9seau, DB Cargo France et Sanders Bretagne pleinement responsables du d\u00e9raillement, tant individuellement que collectivement, et avait prononc\u00e9 diverses condamnations p\u00e9cuniaires.<\/p>\n\n\n\n<p>La Cour d&rsquo;appel de Rennes a quant \u00e0 elle confirm\u00e9 la responsabilit\u00e9 conjointe de SNCF R\u00e9seau et DB Cargo France dans le d\u00e9raillement, exon\u00e9rant cependant Sanders Bretagne de toute responsabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La Cour de Cassation a toutefois cass\u00e9 cette d\u00e9cision, par un arr\u00eat en date du 11 septembre 2024.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:60px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Quels sont les apports de cet arr\u00eat de la Cour de cassation ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Sur la responsabilit\u00e9 contractuelle et la v\u00e9tust\u00e9<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>La SNCF contestait la limitation par la Cour d\u2019appel du montant des dommages et int\u00e9r\u00eats dus par DB Cargo France, en relevant l\u2019application par la Cour d\u2019appel de Rennes d\u2019un coefficient d\u2019amortissement de 40%, en raison de la v\u00e9tust\u00e9 des installations. La SNCF opposait les clauses contractuelles convenues avec DB Cargo France, pour revendiquer une indemnisation totale de son pr\u00e9judice.<\/p>\n\n\n\n<p>La Cour de cassation a rappel\u00e9 que \u00ab les contrats l\u00e9galement form\u00e9s tiennent lieu de loi \u00e0 ceux qui les ont faits \u00bb et que l&rsquo;article 19 du contrat stipulait que \u00ab<strong>&nbsp;l\u2019entreprise ferroviaire supportait la totalit\u00e9 des co\u00fbts de remise en \u00e9tat<\/strong>&nbsp;\u00bb. Cette interpr\u00e9tation de la Cour d\u2019appel \u00e9tait donc contraire aux dispositions claires du contrat, qui ne laissaient pas de place \u00e0 une telle limitation. En cons\u00e9quence, la cour d&rsquo;appel n&rsquo;aurait pas d\u00fb r\u00e9duire le montant des dommages et int\u00e9r\u00eats en tenant compte de la v\u00e9tust\u00e9, car cela contrevenait aux stipulations contractuelles.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Sur la responsabilit\u00e9 de plein droit du transporteur<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>DB Cargo France contestait, dans le cadre d\u2019un pourvoi incident, sa condamnation in solidum avec SNCF R\u00e9seau au paiement de dommages et int\u00e9r\u00eats \u00e0 verser \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 Sanders Bretagne. DB Cargo arguait que la responsabilit\u00e9 contractuelle, fond\u00e9e sur les dispositions de l&rsquo;article L. 133-1 du Code de commerce, engagent le transporteur pour les pertes et dommages subis par la marchandise jusqu&rsquo;\u00e0 sa livraison.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle souligne que la cour d&rsquo;appel a constat\u00e9 que la demande d&rsquo;indemnisation de Sanders ne faisait \u00e9tat d&rsquo;aucun pr\u00e9judice li\u00e9 aux marchandises transport\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>La Cour de cassation a pr\u00e9cis\u00e9 que \u00ab la responsabilit\u00e9 de plein droit de l\u2019article L. 133-1 du code de commerce ne concerne que les dommages directement en lien avec le transport au cours duquel les avaries ont eu lieu \u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La Cour rel\u00e8ve que, bien que le d\u00e9raillement ait eu lieu pendant l&rsquo;ex\u00e9cution d&rsquo;un contrat de transport, la demande d&rsquo;indemnisation formul\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 Sanders ne faisait mention d&rsquo;aucun pr\u00e9judice concernant les marchandises transport\u00e9es.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, les dommages r\u00e9clam\u00e9s concernaient principalement des pertes li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;utiliser les infrastructures pendant la remise en \u00e9tat, et non des dommages aux marchandises elles-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p>La Cour de cassation conclut que la cour d&rsquo;appel a viol\u00e9 l&rsquo;article L. 133-1, car&nbsp;<strong>la responsabilit\u00e9 du transporteur ne peut \u00eatre engag\u00e9e que pour des dommages en lien direct avec le transport<\/strong>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, la cassation prononc\u00e9e sur le moyen du pourvoi incident a entra\u00een\u00e9 la cassation, par voie de cons\u00e9quence, de la condamnation prononc\u00e9e in solidum \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la soci\u00e9t\u00e9 SNCF R\u00e9seau au paiement de la m\u00eame somme. Cela signifie que les entreprises ferroviaires doivent \u00eatre attentives aux implications de la cassation sur les&nbsp;<strong>condamnations in solidum<\/strong>, car elles peuvent b\u00e9n\u00e9ficier de la cassation m\u00eame si elles n&rsquo;ont pas form\u00e9 de pourvoi.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:60px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Quelles sont les implications pratiques ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Pour les entreprises ferroviaires :<\/strong>\u00a0L&rsquo;arr\u00eat souligne l&rsquo;importance pour les entreprises ferroviaires de respecter strictement les clauses contractuelles en mati\u00e8re de responsabilit\u00e9 et d&rsquo;indemnisation. Les entreprises doivent \u00eatre conscientes des engagements qu&rsquo;elles prennent et des cons\u00e9quences juridiques de ces engagements.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Pour les clients du transport ferroviaire :<\/strong>\u00a0Cette d\u00e9cision met en lumi\u00e8re les limites de la responsabilit\u00e9 du transporteur et la n\u00e9cessit\u00e9 pour les clients de bien comprendre les conditions contractuelles. Ils doivent \u00e9galement \u00eatre attentifs \u00e0 identifier le fondement juridique appropri\u00e9 pour obtenir r\u00e9paration en cas de pr\u00e9judices indirects, qui ne seront pas couverts par les dispositions standard du Code de commerce.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<div style=\"height:60px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>En conclusion \u2026<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>La d\u00e9cision de la Cour de cassation s\u2019inscrit dans une constance jurisprudentielle et n\u2019apporte en r\u00e9alit\u00e9 pas de grande nouveaut\u00e9 mais vise plut\u00f4t \u00e0 r\u00e9affirmer une fois de plus des grands principes.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;arr\u00eat de la Cour de cassation du 11 septembre 2024 s&rsquo;inscrit ainsi dans une lign\u00e9e de d\u00e9cisions qui insistent sur<strong>&nbsp;l&rsquo;importance du respect des clauses contractuelles et la responsabilit\u00e9 du voiturier<\/strong>. Cet arr\u00eat, bien qu&rsquo;il puisse sembler r\u00e9it\u00e9ratif, rappelle avec force que la clart\u00e9 et la force obligatoire des engagements contractuels sont essentielles dans le domaine du transport et des relations commerciales en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:32px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-buttons is-layout-flex wp-block-buttons-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-button is-style-animated-link\"><a class=\"wp-block-button__link wp-element-button\" href=\"https:\/\/www.eurojuris.fr\/actualites-juridiques\/actualites-juridiques-entreprises\/contentieux\/justice-commerciale\/articles\/sncf-responsabilite-contractuelle-vetuste-infrastructures-42798.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">D\u00e9couvrir l&rsquo;article<\/a><\/div>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Cour de cassation r\u00e9affirme l\u2019importance des clauses contractuelles convenues entre les parties (Cour de cassation, Chambre commerciale, du 11 septembre 2024 n\u00b0 23-11.593). Par cet arr\u00eat, la Cour de cassation clarifie que les clauses contractuelles doivent \u00eatre strictement respect\u00e9es, notamment en ce qui concerne la prise en charge des co\u00fbts de remise en \u00e9tat, et que la responsabilit\u00e9 de plein droit du transporteur ne s&rsquo;\u00e9tend qu&rsquo;aux dommages directement li\u00e9s au transport des marchandises.<\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":11442,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":true,"footnotes":""},"categories":[15],"tags":[],"class_list":["post-11441","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-publications"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11441","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11441"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11441\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11442"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11441"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11441"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11441"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}