{"id":4205,"date":"2024-01-12T14:01:11","date_gmt":"2024-01-12T13:01:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/delai-recours-salarie-licenciement-1\/"},"modified":"2024-01-12T14:01:11","modified_gmt":"2024-01-12T13:01:11","slug":"delai-recours-salarie-licenciement-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cvs-avocats.com\/en\/delai-recours-salarie-licenciement-1\/","title":{"rendered":"Pacte II Act : reduction in the time employees have to appeal against dismissal"},"content":{"rendered":"<div class=\"section__body\">\n<article class=\"article-normal\">\n<div class=\"article__entry\">\n<p>Le 2 d&eacute;cembre dernier, Bruno Le Maire, ministre de l&#039;&Eacute;conomie, a exprim&eacute; son intention de ramener de un an &agrave; deux mois le d&eacute;lai de d&eacute;p&ocirc;t de recours contre une entreprise en cas de licenciement, dans le cadre de la loi Pacte II. Revenons sur les raisons et les cons&eacute;quences de cette mesure.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/article>\n<article class=\"article-normal\">\n<div class=\"article__entry\">\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Actu-Juridique&nbsp;: Quel est l&rsquo;historique du d&eacute;lai pour agir en justice afin de contester son licenciement en France&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Caroline Henot et &Eacute;lo&iuml;se Gras-Persyn&nbsp;:&nbsp;Au cours des quinze derni&egrave;res ann&eacute;es, les r&egrave;gles relatives &agrave; la prescription des actions judiciaires en droit du travail n&rsquo;ont cess&eacute; d&rsquo;&eacute;voluer.<br \/>\nLa prescription extinctive des actions en contestation du licenciement n&rsquo;a bien entendu pas &eacute;t&eacute; &eacute;pargn&eacute;e.<\/p>\n<p>Les r&egrave;gles qui leur sont applicables ont ainsi &eacute;volu&eacute; en trois temps.<br \/>\nD&rsquo;abord, la&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.actu-juridique.fr\/redirect?type=Loi&amp;id=2008\/6\/17\/2008-561\" rel=\"noopener\" target=\"_blank\">loi n&deg;&nbsp;2008-561 du 17&nbsp;juin 2008<\/a>&nbsp;portant r&eacute;forme de la prescription en mati&egrave;re civile a abaiss&eacute; le d&eacute;lai de prescription de droit commun, applicable aux actions en contestation d&rsquo;un licenciement de 30 &agrave; 5 ans.<br \/>\nEnsuite, la&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.actu-juridique.fr\/redirect?type=Loi&amp;id=2013\/6\/14\/2013-504\" rel=\"noopener\" target=\"_blank\">loi n&deg;&nbsp;2013-504 du 14&nbsp;juin 2013<\/a>&nbsp;relative &agrave; la s&eacute;curisation de l&rsquo;emploi a cr&eacute;&eacute; l&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.actu-juridique.fr\/redirect?type=code&amp;sous-type=CTRAVAIL&amp;id=L1471-1\" rel=\"noopener\" target=\"_blank\">article L.&nbsp;1471-1 du Code du travail<\/a>, dont le premier alin&eacute;a soumettait l&rsquo;action en contestation de la rupture du contrat de travail &agrave; un d&eacute;lai de prescription de 2 ans courant &agrave; compter du jour o&ugrave; celui qui l&rsquo;exerce a connu ou aurait d&ucirc; conna&icirc;tre les faits lui permettant d&rsquo;exercer son droit.<br \/>\nEnfin, l&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.actu-juridique.fr\/redirect?type=Ordonnance&amp;id=2017\/9\/22\/2017-1387\" rel=\"noopener\" target=\"_blank\">ordonnance n&deg;&nbsp;2017-1387 du 22&nbsp;septembre 2017<\/a>, relative &agrave; la pr&eacute;visibilit&eacute; et &agrave; la s&eacute;curisation des relations de travail a modifi&eacute; ce texte et r&eacute;duit encore ce d&eacute;lai de 12 mois, tout en &eacute;tablissant un point de d&eacute;part fixe &agrave; la date de notification de la rupture.<\/p>\n<p>Ainsi, en &eacute;tant ramen&eacute; &agrave; une dur&eacute;e de 12 mois, le d&eacute;lai de prescription de droit commun a &eacute;t&eacute; align&eacute; &agrave; celui qui est applicable en mati&egrave;re de licenciement pour motif &eacute;conomique.<\/p>\n<p>Toutefois, cette &eacute;volution ne semble pas termin&eacute;e. Le ministre de l&rsquo;&Eacute;conomie, Bruno Le Maire, a en effet indiqu&eacute; dans un entretien accord&eacute; au Parisien le 2&nbsp;d&eacute;cembre dernier, &agrave; la veille d&rsquo;une r&eacute;union gouvernementale devant se tenir &agrave; Matignon concernant l&rsquo;emploi, vouloir r&eacute;duire ce d&eacute;lai de contestation d&rsquo;un licenciement de 12 &agrave; 2 mois.<\/p>\n<p>Il a pr&eacute;cis&eacute; vouloir proposer cette r&eacute;forme dans le cadre du projet de loi&nbsp;Pacte&nbsp;IIvisant &agrave; donner plus de libert&eacute; aux entreprises, lequel sera pr&eacute;sent&eacute; d&eacute;but 2024.<\/p>\n<p><strong>AJ&nbsp;:&nbsp; Pourquoi vouloir raccourcir le d&eacute;lai d&rsquo;action en justice&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Caroline Henot et &Eacute;lo&iuml;se Gras-Persyn&nbsp;:&nbsp;Le ministre de l&rsquo;&Eacute;conomie a justifi&eacute; sa volont&eacute; de r&eacute;duire le d&eacute;lai de contestation d&rsquo;un licenciement en ces termes&nbsp;: &laquo;&nbsp;Il faut des mesures drastiques de simplification pour les entreprises&nbsp;(&hellip;). Les TPE comme les PME, ETI ou grands groupes&nbsp;n&rsquo;en peuvent plus de la paperasse&nbsp;et de la lourdeur des proc&eacute;dures&nbsp;(&hellip;). Aujourd&rsquo;hui, lorsque vous licenciez une personne, un recours contre l&rsquo;entreprise reste possible pendant 12 mois. Il est important que les salari&eacute;s puissent &ecirc;tre prot&eacute;g&eacute;s, mais ce d&eacute;lai est trop long&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>Il a ajout&eacute;&nbsp;: &laquo;&nbsp;Dans tous les autres pays d&eacute;velopp&eacute;s, c&rsquo;est 2 mois. Cela me semble un bon d&eacute;lai&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>Ce projet de r&eacute;forme serait donc motiv&eacute; par une volont&eacute; de simplification des proc&eacute;dures, et d&rsquo;all&egrave;gement de la lourdeur administrative en faveur des entreprises et s&rsquo;inscrirait dans l&rsquo;objectif d&rsquo;atteindre le plein-emploi en 2027.<\/p>\n<p>En r&eacute;alit&eacute;, cette volont&eacute; ayant vocation &agrave; figurer dans la loi&nbsp;Pacte&nbsp;IIaurait surtout pour but de r&eacute;duire le surendettement et de transformer notre mod&egrave;le social.<\/p>\n<p>Il convient, &agrave; ce titre, de rappeler que plusieurs agences de notation, au premier rang desquelles Standard &amp; Poor&rsquo;s, ont enjoint la France &agrave; se rendre plus attractive pour les investisseurs &eacute;trangers, notamment en r&eacute;duisant la dette et en &laquo;&nbsp;cassant&nbsp;&raquo; le mod&egrave;le social fran&ccedil;ais, jug&eacute; trop contraignant pour les entreprises.<\/p>\n<p>En effet, dans son dernier rapport annuel, l&rsquo;agence Standard &amp; Poor&rsquo;s, si elle maintenu la notation de la France &agrave; AA, a toutefois fait &eacute;tat d&rsquo;incertitudes concernant &laquo;&nbsp;les finances publiques de la France dans un contexte de d&eacute;ficit budg&eacute;taire &eacute;lev&eacute;, quoiqu&rsquo;en baisse lente, et d&rsquo;une dette publique &eacute;lev&eacute;e&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>On comprend ainsi en filigrane, qu&rsquo;outre l&rsquo;importance accord&eacute;e aux agences de notation priv&eacute;es dans la mise en place et dans la conduite des politiques &eacute;conomiques de la France, c&rsquo;est principalement un d&eacute;sir de facilitation des licenciements, et donc corr&eacute;lativement de r&eacute;duire le ch&ocirc;mage en incitant &agrave; l&rsquo;embauche, qui dicte cette volont&eacute; affich&eacute;e par le gouvernement.<\/p>\n<p><strong>AJ&nbsp;: Quelles seraient les cons&eacute;quences juridiques d&rsquo;une r&eacute;duction de ce d&eacute;lai pour les salari&eacute;s&nbsp;? Pour les entreprises&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Caroline Henot et &Eacute;lo&iuml;se Gras-Persyn&nbsp;:&nbsp;&Agrave; peine &eacute;voqu&eacute;e, la r&eacute;duction &agrave; deux mois du d&eacute;lai de contestation d&rsquo;un licenciement est d&eacute;j&agrave; critiqu&eacute;e par les syndicats, ce d&eacute;lai apparaissant comme excessivement court, voire constitutif d&rsquo;une violation du droit d&rsquo;agir en justice.<\/p>\n<p>Les d&eacute;tracteurs de cette mesure consid&egrave;rent, en effet, que l&rsquo;objectif de garantie de la s&eacute;curit&eacute; juridique qu&rsquo;induit la fixation d&rsquo;un terme aux actions en justice ne saurait justifier une telle atteinte au droit d&rsquo;acc&egrave;s &agrave; un tribunal.<\/p>\n<p>Plus pr&eacute;cis&eacute;ment, cette nouvelle mesure est per&ccedil;ue comme une limitation du droit d&rsquo;un salari&eacute; &agrave; contester son licenciement, ce dernier n&rsquo;ayant plus alors que tr&egrave;s peu de temps pour se retourner et formaliser un recours, ce qui aurait pour cons&eacute;quence, en d&eacute;finitive, de pr&eacute;cariser davantage les travailleurs.<\/p>\n<p>En effet, certains salari&eacute;s sont parfois en &eacute;tat de choc suite &agrave; l&rsquo;annonce de leur licenciement et ont besoin d&rsquo;un laps de temps pour se retourner, et le cas &eacute;ch&eacute;ant d&rsquo;envisager une action en contestation.<\/p>\n<p>De m&ecirc;me, la r&eacute;duction de ce d&eacute;lai de prescription ne leur laisserait que tr&egrave;s peu de temps pour trouver un avocat, pr&eacute;parer leur dossier, r&eacute;unir les pi&egrave;ces n&eacute;cessaires &agrave; la r&eacute;daction d&rsquo;une requ&ecirc;te qui se doit d&rsquo;&ecirc;tre motiv&eacute;e &agrave; peine de nullit&eacute;.<\/p>\n<p>Pour les professionnels du droit, et notamment les avocats, cela pourrait donc aussi signifier &ecirc;tre contraints de travailler dans des d&eacute;lais impossibles &agrave; tenir.<\/p>\n<p>Il convient, en effet, de rappeler que la r&eacute;forme op&eacute;r&eacute;e par le&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.actu-juridique.fr\/redirect?type=Decret&amp;id=2016\/5\/20\/2016-660\" rel=\"noopener\" target=\"_blank\">d&eacute;cret n&deg;&nbsp;2016-660 du 20&nbsp;mai 2016<\/a>&nbsp;relatif &agrave; la justice prud&rsquo;homale a supprim&eacute; le principe de l&rsquo;unicit&eacute; de l&rsquo;instance. Ainsi, tandis qu&rsquo;avant le 1er&nbsp;ao&ucirc;t 2016, les avocats pouvaient saisir le conseil des prud&rsquo;hommes et ajouter des demandes au fur et &agrave; mesure, ils doivent d&eacute;sormais concentrer tous leurs moyens dans la requ&ecirc;te initiale, ce qui impliquera n&eacute;cessairement des probl&egrave;mes d&rsquo;organisation de la d&eacute;fense dans le cas d&rsquo;une r&eacute;duction aussi drastique du d&eacute;lai de recours.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;est, par ailleurs, pas vain de souligner que le d&eacute;lai de prescription de l&rsquo;action en contestation commence &agrave; courir &agrave; compter de la date de notification au salari&eacute; de son licenciement. Or, dans certains cas, le salari&eacute; devra ex&eacute;cuter un pr&eacute;avis, parfois d&rsquo;une dur&eacute;e de deux mois en fonction de son anciennet&eacute;, de sorte qu&rsquo;il sera contraint d&rsquo;engager une action pendant la dur&eacute;e de son pr&eacute;avis afin de ne pas prendre le risque d&rsquo;&ecirc;tre prescrit. Les cons&eacute;quences sur les conditions d&rsquo;ex&eacute;cution de ce pr&eacute;avis pourraient alors &ecirc;tre consid&eacute;rables.<\/p>\n<p>On l&rsquo;aura compris, la mesure est loin de faire l&rsquo;unanimit&eacute; chez les salari&eacute;s.<\/p>\n<p>C&ocirc;t&eacute; entreprise, si la proposition a pour but de favoriser l&rsquo;emploi en leur donnant plus de visibilit&eacute; pour renforcer leur s&eacute;curisation juridique, les organisations patronales ne sont pas davantage demandeuses.<\/p>\n<p>En effet, &agrave; l&rsquo;instar des syndicats de salari&eacute;s, aucune des trois organisations patronales ne s&rsquo;est montr&eacute;e tr&egrave;s enthousiaste face &agrave; la proposition de r&eacute;duction drastique du d&eacute;lai de contestation d&rsquo;un licenciement.<\/p>\n<p>Pour cause, apr&egrave;s l&rsquo;instauration de la rupture conventionnelle en 2008, les ordonnances&nbsp;Macronde 2017 avaient permis un rel&acirc;chement de la pression judiciaire pesant sur les employeurs gr&acirc;ce au plafonnement du montant des dommages et int&eacute;r&ecirc;ts en cas de licenciement, permettant ainsi une baisse des contentieux prud&rsquo;homaux de l&rsquo;ordre de 44&nbsp;% entre&nbsp;2015 et&nbsp;2022.<\/p>\n<p>Aussi, la crainte dans les milieux patronaux est qu&rsquo;une telle mesure fragilise &agrave; nouveau le climat social dans un contexte de n&eacute;gociations sur l&rsquo;emploi avec les syndicats.<\/p>\n<p>L&rsquo;autre crainte, avanc&eacute;e par les entreprises, concerne un risque de multiplication des plaintes, d&eacute;pos&eacute;es &agrave; titre conservatoire par les salari&eacute;s, mais aussi et surtout des contentieux, la mesure pouvant alors s&rsquo;av&eacute;rer contre-productive.<\/p>\n<p>En effet, cette r&eacute;duction, dont l&rsquo;effet escompt&eacute; serait pourtant de simplifier la vie des entreprises, pourrait en r&eacute;alit&eacute; se r&eacute;v&eacute;ler porteuse d&rsquo;un effet pervers pour les employeurs, en mettant en p&eacute;ril les n&eacute;gociations et autres tentatives de conciliation mises en place pour &eacute;viter les litiges prud&rsquo;homaux.<\/p>\n<p>En d&eacute;finitive, en r&eacute;duisant le d&eacute;lai de prescription des recours en contestation, c&rsquo;est aussi ce temps de n&eacute;gociation pourtant salvateur que l&rsquo;on r&eacute;duit, ce qui risque d&rsquo;aboutir&nbsp;in fine&agrave; une multiplication des saisines.<\/p>\n<p><strong>AJ&nbsp;: Quel est l&rsquo;&eacute;tat des lieux dans les pays voisins&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Caroline Henot et &Eacute;lo&iuml;se Gras-Persyn&nbsp;:&nbsp;L&rsquo;&eacute;tat de la l&eacute;gislation en vigueur dans les pays voisins est justement l&rsquo;un des principaux fers de lance du ministre de l&rsquo;&Eacute;conomie qui n&rsquo;a pas manqu&eacute; de souligner que ce d&eacute;lai de 2 mois &eacute;tait pr&eacute;cis&eacute;ment celui qui &eacute;tait pratiqu&eacute; &laquo;&nbsp;dans tous les autres pays d&eacute;velopp&eacute;s&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>Le ministre est all&eacute; plus loin en prenant l&rsquo;exemple de l&rsquo;Allemagne, qui applique pour sa part un d&eacute;lai de contestation des licenciements de 3&nbsp;semaines.<\/p>\n<p>Par ailleurs, en Italie ainsi qu&rsquo;aux Pays-Bas, ce d&eacute;lai de contestation est de 2&nbsp;mois.<\/p>\n<p>Toutefois, cet &eacute;l&eacute;ment de comparaison est &agrave; prendre avec des pincettes, car si certains pays frontaliers appliquent des d&eacute;lais de recours diff&eacute;rents, l&rsquo;esprit g&eacute;n&eacute;ral de leur syst&egrave;me social l&rsquo;est aussi souvent.<\/p>\n<p>Ainsi, si l&rsquo;on prend l&rsquo;exemple de l&rsquo;Allemagne, le d&eacute;lai de recours extr&ecirc;mement court appliqu&eacute; par cette derni&egrave;re est &agrave; mettre en balance avec l&rsquo;obligation pour l&rsquo;employeur de conserver ou de r&eacute;int&eacute;grer son salari&eacute; en cas de licenciement abusif, l&rsquo;indemnit&eacute; de licenciement n&rsquo;existant pas.<\/p>\n<p>De m&ecirc;me, il convient de prendre en compte le fait que la dur&eacute;e du pr&eacute;avis dans le cadre d&rsquo;un licenciement est bien plus longue en Allemagne et peut en effet aller jusqu&rsquo;&agrave; 7 mois en fonction de l&rsquo;anciennet&eacute; du salari&eacute;.<\/p>\n<p><strong>AJ&nbsp;: Quelles autres propositions ont &eacute;t&eacute; mises en avant par le ministre de l&rsquo;&Eacute;conomie&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Caroline Henot et &Eacute;lo&iuml;se Gras-Persyn&nbsp;:&nbsp;Outre la r&eacute;duction du d&eacute;lai de contestation d&rsquo;un licenciement, le ministre de l&rsquo;&Eacute;conomie a annonc&eacute; vouloir inscrire dans le projet de loi&nbsp;Pacte&nbsp;IIune r&eacute;duction des &laquo;&nbsp;d&eacute;lais des contentieux d&rsquo;urbanisme, commerciaux ou des march&eacute;s public&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>Toujours dans une optique de simplification, Bruno Le Maire a fait &eacute;tat de sa volont&eacute; d&rsquo;agr&eacute;menter ce projet de propositions de &laquo;&nbsp;bon sens&nbsp;&raquo;, telles que la communication automatique d&rsquo;une administration &agrave; l&rsquo;autre d&rsquo;informations fournies par les entreprises, ou encore la simplification des implantations d&rsquo;usines.<\/p>\n<p>Par ailleurs, en ce qui concerne les mesures touchant &agrave; l&rsquo;emploi, le ministre a r&eacute;affirm&eacute; vouloir revoir la dur&eacute;e d&rsquo;indemnisation des ch&ocirc;meurs seniors. Il avait, en effet, d&eacute;j&agrave; annonc&eacute; mi-novembre sa volont&eacute; d&rsquo;abaisser la dur&eacute;e de leur indemnisation de 27 &agrave; 18 mois, comme pour les autres ch&ocirc;meurs.<\/p>\n<p>Des &laquo;&nbsp;propositions nouvelles&nbsp;&raquo;, sans plus de d&eacute;tails, ont &eacute;galement &eacute;t&eacute; &eacute;voqu&eacute;es, afin d&rsquo;&eacute;viter notamment que les salari&eacute;s de plus de 55 ans ne soient &laquo;&nbsp;pouss&eacute;s vers la sortie bien avant leur retraite&nbsp;&raquo;. Il a par exemple &eacute;t&eacute; mentionn&eacute; l&rsquo;ouverture de la possibilit&eacute; pour une personne de plus de 55 ans de travailler &agrave; 4\/5e, r&eacute;mun&eacute;r&eacute; &agrave; 90&nbsp;% et avec 100&nbsp;% de sa cotisation retraite.<\/p>\n<p>Enfin, Bruno Le Maire a manifest&eacute; son souhait d&rsquo;&eacute;tudier la possibilit&eacute; de &laquo;&nbsp;r&eacute;duire l&rsquo;&eacute;cart entre le salaire brut et net&nbsp;&raquo;, ainsi que &laquo;&nbsp;le poids des cotisations&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p><strong>AJ&nbsp;: En quoi consiste le projet de loi&nbsp;Pacte&nbsp;II&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Caroline Henot et &Eacute;lo&iuml;se Gras-Persyn&nbsp;:&nbsp;Apr&egrave;s la premi&egrave;re loi&nbsp;Pacteadopt&eacute;e en 2019 (<a href=\"https:\/\/www.actu-juridique.fr\/redirect?type=Loi&amp;id=2019\/5\/22\/2019-486\" rel=\"noopener\" target=\"_blank\">L. n&deg; 2019-486 du 22 mai 2019<\/a>&nbsp;relative &agrave; la croissance et la transformation des entreprises) avec pour objectif de simplifier la vie des PME et de favoriser leur croissance, le projet de loi&nbsp;Pacte&nbsp;IIque souhaite pr&eacute;senter le ministre de l&rsquo;&Eacute;conomie, d&eacute;but 2024, a pour but de poursuivre cette simplification des normes entravant la croissance des entreprises, en particulier les plus petites et moyennes.<\/p>\n<p>Le projet de loi sera notamment aliment&eacute; par les propositions soumises lors des consultations organis&eacute;es dans le cadre des &laquo;&nbsp;Rencontres de la simplification&nbsp;&raquo; lanc&eacute;es par Bercy, mi-novembre. Ces propositions de simplification pouvaient &ecirc;tre envoy&eacute;es jusqu&rsquo;au 29&nbsp;d&eacute;cembre 2023.<\/p>\n<p>La loi&nbsp;Pacte&nbsp;IIaura donc pour but de soutenir davantage les entreprises fran&ccedil;aises en levant les obstacles &agrave; la croissance des entreprises &agrave; toutes les &eacute;tapes de leur d&eacute;veloppement.<\/p>\n<p><strong>AJ&nbsp;: Quelles sont les prochaines &eacute;tapes&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>Caroline Henot et &Eacute;lo&iuml;se Gras-Persyn&nbsp;:&nbsp;Les r&eacute;sultats de la consultation seront rendus publics en janvier&nbsp;2024. Le ministre a affirm&eacute; que toutes les demandes seraient examin&eacute;es et que la plupart des mesures de simplification annonc&eacute;es seraient adopt&eacute;es d&eacute;but 2024.<\/p>\n<p>En pratique, &agrave; l&rsquo;issue de ces consultations le projet sera &eacute;labor&eacute; puis pr&eacute;sent&eacute; en conseil des ministres, avant d&rsquo;&ecirc;tre examin&eacute; au Parlement. Il y sera examin&eacute; en premi&egrave;re lecture par l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale, puis par le S&eacute;nat selon le m&eacute;canisme de la navette parlementaire.<\/p>\n<p>Pour &ecirc;tre adopt&eacute;, le texte devra &ecirc;tre vot&eacute; par les deux chambres dans une version identique. &Agrave; d&eacute;faut, si les assembl&eacute;es modifient le texte en adoptant des amendements, le projet de loi fera l&rsquo;objet d&rsquo;une seconde lecture. Seuls les articles modifi&eacute;s seront alors &eacute;tudi&eacute;s.<\/p>\n<p>En cas de d&eacute;saccord, le gouvernement pourra aussi d&eacute;cider de r&eacute;unir une commission mixte paritaire compos&eacute;e de sept d&eacute;put&eacute;s et sept s&eacute;nateurs, charg&eacute;e d&rsquo;&eacute;laborer une version de compromis, comme cela avait &eacute;t&eacute; le cas pour la loi&nbsp;Pactede 2019.<\/p>\n<p>Cette proc&eacute;dure est enclench&eacute;e apr&egrave;s deux lectures du texte par chaque chambre, sauf si le gouvernement a engag&eacute; la proc&eacute;dure acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e, auquel cas la r&eacute;union de la commission interviendra apr&egrave;s une seule lecture.<\/p>\n<p>En cas d&rsquo;&eacute;chec, une nouvelle lecture du texte aura lieu &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale et au S&eacute;nat, mais le gouvernement pourra donner le dernier mot &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale qui prendra alors une d&eacute;cision d&eacute;finitive d&rsquo;adoption ou de rejet.<\/p>\n<p>Le texte adopt&eacute; &agrave; l&rsquo;issue de l&rsquo;examen parlementaire sera ensuite promulgu&eacute; par le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique dans les 15 jours, d&eacute;lai au cours duquel ce dernier pourra solliciter un nouvel examen du texte, le Conseil constitutionnel pouvant par ailleurs &ecirc;tre saisi pour s&rsquo;assurer qu&rsquo;il n&rsquo;est pas contraire &agrave; la Constitution.<\/p>\n<p>Enfin, la loi promulgu&eacute;e entrera en vigueur apr&egrave;s sa publication au Journal officiel et des d&eacute;crets d&rsquo;application permettront sa mise en &oelig;uvre.<\/p>\n<p>En l&rsquo;occurrence, et comme pour la premi&egrave;re loi&nbsp;Pacte, le ministre s&rsquo;est dit &laquo;&nbsp;s&ucirc;r qu&rsquo;il y aura une majorit&eacute;&nbsp;&raquo; au Parlement pour voter cette deuxi&egrave;me d&eacute;clinaison.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;heure, l&rsquo;avenir de ce projet de loi est encore incertain. Bruno Le Maire a indiqu&eacute; que le sujet &eacute;tait encore en cours d&rsquo;expertise &agrave; la Direction g&eacute;n&eacute;rale du travail (DGT) et fera prochainement l&rsquo;objet de discussions avec Olivier Dussopt et &Eacute;lisabeth Borne.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/article><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 2 d&eacute;cembre dernier, Bruno Le Maire, ministre de l&#039;&Eacute;conomie, a exprim&eacute; son intention de ramener de un an &agrave; deux mois le d&eacute;lai de d&eacute;p&ocirc;t de recours contre une entreprise en cas de licenciement, dans le cadre de la loi Pacte II. 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